Le ratio lymphocytes/monocytes dans le CHC : un nouveau marqueur pronostique
Position du problème
Dans le CHC, les lymphocytes jouent un rôle clé dans la surveillance immunitaire, freinant la progression tumorale malgré un microenvironnement souvent immunosuppresseur. Une baisse du nombre de lymphocytes est un critère péjoratif la maladie, tandis qu'une élévation du nombre de monocytes a été corrélée à une invasion microvasculaire et à un pronostic défavorable. Le ratio lymphocytes/monocytes (RLM), apparaît comme un marqueur pronostique pertinent. Un RLM élevé est associé à une meilleure réponse clinique et à une évolution plus favorable chez les patients atteints de CHC.
Méthode
L'objectif de cette étude était d'évaluer l’intérêt du RLM dans la prédiction du pronostic chez les patients atteints de CHC non résécable traités par Atézolizumab + bévacizumab. Il s'agissait d'une étude rétrospective, qui a inclus 941 patients ayant reçu le traitement par Atezo/Bev entre septembre 2020 et février 2025.
Résultat
L’âge médian était de 74 ans, et 754 patients étaient des hommes. 77 patients étaient BCLC A, 317 BCLC B et 547 BCLC C. La médiane du RLM était de 3.33. La survie sans progression (SSP) médiane était de 6,8 mois et la survie globale (SG) médiane était de 23,6 mois. Le seuil optimal de RLM, déterminé par analyse de l'aire sous la courbe était de 3,6. Dans les analyses multivariées pour la SSP et la SG, le RLM apparaissait comme un facteur significatif (HR : 0,94 et 0.9). Le ratio lymphocytes/monocytes présentait de meilleurs résultats que la ratio neutrophiles/lymphocytes.
Conclusion
Le microenvironnement tumoral, illustré ici par le ratio lymphocytes/monocytes, est impliqué dans le développement et la progression du CHC. Ces données mettent en évidence que ce ratio constitue un biomarqueur pronostique utile pour prédire l’évolution des patients atteints de CHC traités par atézolizumab + bévacizumab. D'autres études sont nécessaires pour déterminer l'intérêt de ce ratio dans la pratique clinique et les indications thérapeutiques.
Karine Louvion, Paris