Maladie cœliaque et risque de pancréatite aiguë

Position du problème

La maladie cœliaque (MC) peut altérer l’interaction entre la muqueuse duodénale et la fonction pancréatique du fait d’une l’inflammation intestinale chronique, et ainsi augmenter le risque de pancréatite aiguë (PA). Cependant, l’association entre ces deux affections reste méconnue.

Méthode

Il s'agit d'une étude de cohorte qui avait pour objectif d’évaluer le risque de survenue d’une PA chez des patients atteints de MC sans antécédent de pathologie pancréatique. Entre 1969 et 2023, n = 57 221 ont été appariés individuellement à des témoins (jusqu’à cinq témoins) n = 279 126. Le critère de jugement principal était la survenue d’un 1er épisode de PA. L’étude évaluait également les sous-types de PA (en fonction de l'étiologie) et la sévérité.

Résultat

Après un suivi médian de 15,5 ans, une PA est survenue chez 549 patients atteints de MC (taux d’incidence : 59/100 000 personnes-années) et chez 1 732 témoins (taux : 38). Les patients atteints de MC présentaient un risque accru de PA par rapport aux témoins (HRa = 1,50 ; IC95 % : 1,35–1,67). Le risque de PA non biliaire était majoré (HRa = 1,65 [1,41–1,93]) et les PA étaient plus sévères (HRa = 1,68 [1,32–2,14]). Chez les patients ayant présenté un premier épisode de PA, le risque de récidive n’était pas plus élevé (HRa = 0,81 [0,61–1,07]) que chez les témoins.

Conclusion

Les patients atteints de maladie cœliaque présenteraient un risque plus accru de pancréatite aiguë, en particulier non liée aux calculs biliaires. Toutefois, ce risque ne persiste pas au-delà du premier épisode de PA. Des études complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes reliant la MC à la PA. L'étude a permis l'inclusion d'une large cohorte avec un suivi long. Pour limiter ce risque de PA il convient pour l'instant d'intervenir sur les facteurs de risques modifiables de survenue de PA (ex: la consommation d'alcool).

Inès LEVEQUE, Besançon