Même en 3e ligne, le séladalpar ASSURE
Position du problème
Les agonistes PPAR, dont fait partie le séladelpar (agoniste sélectif PPAR-delta), représentent une nouvelle approche thérapeutique de la cholangite biliaire primitive (CBP). Ils sont indiqués en association avec l’AUDC en cas de réponse insuffisante (40 % des patients) ou en monothérapie en cas d’intolérance à l’AUDC (5 %). Le séladelpar a démontré son efficacité versus placebo dans l'étude RESPONSE. L'objectif de l'étude ASSURE était d'évaluer l'efficacité et sa tolérance à long terme selon l’antécédent de traitement par fibrates ou acide obéticholique (AO).
Méthode
Dans RESPONSE, les patients recevaient 10 mg/j de séladelpar ou un placebo. Dans ASSURE, tous les patients recevaient ensuite le séladelpar en ouvert. L’usage de fibrates ou d'AO était interdit, avec un wash-out de 6 semaines avant inclusion. Les données étaient analysées selon l’antécédent de fibrates/OCA et le traitement initial (séladelpar continu vs cross-over). L’efficacité était évaluée par la réponse biochimique composite (RBC : PAL < 1,67 x limite sup N , diminution PAL > 15%, bilirubine totale ≤ LSN) et la tolérance par les événements indésirables.
Résultat
Parmi les 158 patients inclus, 27 patients (17%) déclaraient un antécédent d’utilisation de fibrates ou d'AO. À 18 mois, le séladelpar (groupe continu et groupe cross-over) a entraîné une RBC chez environ 60% des patients, quelle que soit l'utilisation préalable des fibrates ou d'AO. La diminution des PAL était similaire dans les deux sous-groupes, de même que la baisse du prurit (selon le score NRS). En terme de sécurité, l'incidence des événements indésirables était similaire entre les groupes, indépendamment de l’utilisation antérieure de fibrates et AO, et aucun événement indésirable grave lié au traitement n’a été rapporté.
Conclusion
Dans cette analyse intermédiaire des patients sous séladelpar, les patients ayant des antécédents d’utilisation de fibrates ou d'AO ont obtenu une RBC comparable à celle des patients sans antécédent, avec également une efficacité sur le prurit. De plus, le séladelpar a montré un profil de sécurité satisfaisant. Ces données suggèrent l'utilisation possible du séladalpar chez les patients atteints de CBP quel que soit le traitement préalable. Néanmoins, il manque encore des données de comparaison directe avec les fibrates pour pouvoir déterminer la séquence thérapeutique.
Karine Louvion, Paris