MICI et inhibiteurs de JAK en périnatal : étude mondiale avec une issue materno-fœtale favorable
Position du problème
Les inhibiteurs de JAK sont des petites molécules capables de traverser la barrière materno-foetale dès le début de la grossesse. Peu de données sont disponibles quant aux conséquences de l’exposition in utero aux JAKi, notamment vis-à-vis des issues de grossesse, des infections infantiles, de la réponse aux vaccins et du développement de l’enfant exposé pendant la grossesse. Cette étude vise à évaluer ces effets chez les femmes atteintes de MICI, exposées aux JAKi pendant la grossesse.
Méthode
Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective multicentrique internationale, réalisée au sein du réseau ECCO CONFER. 43 grossesses exposées au tofacitinib, upadacitinib ou filgotinib ont été incluses, issues de 21 centres dans 15 pays. Les données recueillies comprenaient les caractéristiques maternelles, la sévérité de la maladie, les traitements, ainsi que les issues maternelles, obstétricales et infantiles.
Résultat
Parmi les grossesses exposées, 39,5% étaient non planifiées et 51,2% présentaient une activité de la maladie. Huit grossesses se sont terminées par une interruption volontaire ou spontanée. Sur les 35 naissances vivantes, la majorité des femmes ont poursuivi le traitement aux JAKi pendant la grossesse. Aucune complication maternelle grave (thrombose, prééclampsie) n’a été rapportée. Un faible nombre de naissances prématurées a été observé et aucune malformation congénitale n’a été rapportée. Trois enfants n’ont pas reçu le vaccin vivant contre le rotavirus après la naissance.
Conclusion
Cette étude multicentrique suggère que l’exposition in utero aux inhibiteurs de JAK chez les femmes avec une MICI n’augmente pas le risque de complications majeures chez la mère ni d’effets néfastes majeurs chez l’enfant à court terme. Des études prospectives sont nécessaires pour confirmer la sécurité à long terme de ces traitements pendant la grossesse. Lorsque l’exposition est inévitable ou qu’il s’agit d’une grossesse non programmée sous traitement, il parait licite d’intensifier la surveillance obstétricale de la mère puis pédiatrique pour l'enfant.
Ana BEYRNE, Marseille