MICI : swapper plutôt que switcher ?

Position du problème

Après un premier anti-TNF, plusieurs stratégies sont possibles chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) : switcher vers un autre anti-TNF ou swapper vers une molécule à mécanisme d’action différent (anti-intégrine, anti-IL). Les données comparatives issues de la vraie vie restent limitées. L’étude EPITHERA, fondée sur la base nationale française SNDS, évalue les issues thérapeutiques et hospitalières selon ces stratégies.

Méthode

Étude rétrospective nationale (2014–2023) incluant des adultes atteints de maladie de Crohn (MC) ou de rectocolite hémorragique (RCH) ayant reçu un anti-TNF en première ligne. Les patients recevant un nouveau traitement étaient répartis selon la stratégie : switch (vers un autre anti-TNF) ou swap (vers vedolizumab [VDZ] ou ustékinumab [UST]). Les événements étudiés à 1 et 5 ans incluaient : arrêt de traitement, hospitalisation liée à la MICI, chirurgie et infection sévère, ajustés par score de propension.

Résultat

La cohorte incluait 151 999 patients atteints de MC et 152 367 de RCH ; 14,5 % et 9,3 % ont reçu un nouveau traitement. À 5 ans, chez les patients MC, le swap vers VDZ augmentait le risque d’arrêt de traitement (aHR = 1,14 [1,06–1,23]), tandis que le swap vers UST le réduisait (0,72 [0,68–0,76]), ainsi que les hospitalisations (0,77 [0,71–0,83]) et les infections sévères (0,74 [0,59–0,93]). Chez les patients RCH, le swap vers VDZ (0,83 [0,78–0,87]) et vers UST (0,62 [0,54–0,71]) diminuait le risque d’arrêt de traitement.

Conclusion

Dans cette large cohorte, le swap vers l’UST a permis une meilleure persistance du traitement dans la MC comme dans la RCH, comparativement au switch entre anti-TNF. Le swap vers le VDZ offrait une meilleure persistance du traitement que le switch dans la RCH.

Hadrien ALRIC, Toulouse