Œsophagite à éosinophile : les IPP à la peine chez les patients atopiques
Position du problème
L’œsophagite à éosinophiles (OeE) est une inflammation chronique de type 2, le plus souvent associée à d’autres manifestations de l’atopie (asthme, rhinite, dermatite, urticaire). L’impact de ces comorbidités sur l’efficacité des traitements de première ligne, en particulier des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), reste discuté. Cette analyse du registre européen EoE CONNECT visait à évaluer l’influence des manifestations de l’atopie sur la réponse thérapeutique.
Méthode
Analyse transversale multicentrique (42 hôpitaux, 4 pays) incluant 3 900 patients. Les traitements initiaux évalués en monothérapie étaient les IPP, les corticoïdes topiques et le régime d’éviction. La réponse clinico-histologique (RCH) était définie par la rémission symptomatique associée à <15 éosinophiles/champ. Les manifestations atopiques étaient classées comme saisonnières ou persistantes, et les analyses stratifiées selon l’âge.
Résultat
La RCH globale après traitement de première ligne était de 50.4%. La présence d’une seule manifestation atopique n’altérait pas la réponse. En revanche, à partir de deux manifestations atopiques, une baisse d’efficacité était observée : • Chez l’adulte, la réponse aux IPP diminuait (45,0% vs 50,7%, p=0,032), et encore plus en cas de ≥3 manifestations atopiques (39,0% vs 50,4%, p=0,001). • Chez l’enfant, l’efficacité du régime chutait dès ≥2 manifestations atopiques (23,5% vs 59,3%, p=0,020). L’efficacité des corticoïdes locaux restait inchangée, quel que soit le nombre ou le type de manifestations atopiques. Les atteintes les plus fréquemment associées à une moindre réponse étaient l’asthme.
Conclusion
Dans cette étude, le nombre de manifestations de l’atopie conditionne la réponse thérapeutique : aucune influence lorsqu’elles sont isolées, mais une diminution significative d’efficacité dès deux ou plus, notamment pour les IPP chez l’adulte et le régime chez l’enfant. En pratique, le profil atopique devrait être pris en compte pour adapter le choix du traitement initial de l’OeE.
Hadrien ALRIC, Toulouse