Petites TNE rectales, grands enjeux !
Position du problème
L’incidence des tumeurs neuroendocrines rectales (TNER) a fortement augmenté ces deux dernières décennies, en raison de la multiplication des examens endoscopiques. Ces lésions, souvent petites (≤1 cm) et bien différenciées, sont généralement de bon pronostic, mais la qualité de leur prise en charge reste variable. Un diagnostic initial imprécis peut conduire à un traitement inadéquat. Cette étude visait à évaluer les résultats cliniques après exérèse locale de TNER ≤1 cm.
Méthode
Étude rétrospective bicentrique incluant 91 patients porteurs de TNER ≤10 mm ayant bénéficié d’une exérèse locale. Les techniques de résection étaient classées comme recommandées (m-EMR, ESD, FTRD, TAMIS/TEMS) ou non recommandées (anse à chaud/froid, pinces à biopsie). Le critère principal était la survie sans progression.
Résultat
Une technique adéquate de résection était utilisée chez seulement 37.4% des patients. Les tumeurs étaient majoritairement de grade G1 (93.4%), d’une taille médiane de 5 mm et avec un index Ki-67 médian de 2%. Des marges R1 étaient retrouvées dans 29.7% des cas et une invasion lymphovasculaire dans 2 cas. Une progression (récidive locale, croissance résiduelle ou métastase) est survenue chez 15 patients (16.5%), dont un seul cas de métastase ganglionnaire. La survie sans progression médiane était de 28 mois [ 1 -170 ] .L’utilisation de techniques recommandées était associée à une diminution significative du risque de progression (HR 0.12 ; p=0.04).
Conclusion
Les TNER ≤1 cm ont un faible risque de progression métastatique. Cependant, l’utilisation d’une technique de résection adaptée améliore significativement le pronostic et doit être privilégié pour garantir une résection complète et limiter les récidives. Il est donc important de bien savoir les reconnaitre pour les traiter au mieux.
Hadrien ALRIC, Toulouse