Rectocolite hémorragique : moins d’infections sous anti-IL et JAK que sous anti-TNF ?

Position du problème

De nouvelles biothérapies et petites molécules ont récemment élargi l’arsenal thérapeutique de la rectocolite hémorragique (RCH). Cependant, leur profil de tolérance, notamment infectieux, reste une préoccupation majeure, souvent issu de données limitées aux essais cliniques. Cette étude visait à comparer le risque d’infections sévères nécessitant une hospitalisation chez les patients atteints de RCH traités par différentes classes de traitements avancés dans une large cohorte.

Méthode

Étude de cohorte rétrospective réalisée à partir de la base de données américaine Optum Labs® (2016–2023). Les patients adultes atteints de RCH initiant un traitement par anti-TNF, anti-intégrine, anti-IL-12/23 ou anti-IL-23, modulateur du S1PR ou inhibiteur de JAK ont été inclus. Le critère principal était la survenue d’une infection grave nécessitant hospitalisation. L’analyse multivariée ajustée par pondération de propension a permis de comparer les risques entre traitement.

Résultat

Au total, 9 430 patients ont été inclus (âge moyen 47,5 ans ; 49,2 % de femmes ; 50 % sous corticoïdes concomitants), avec un suivi moyen de 2,3 ans. Le hazard ratio /risque d'hospitalisation pour infections sévères pour 100 patients-années étaient de : • 6,45 [5,83-7,09] sous anti-TNF, • 5,24 [4,63-5,87] sous vedolizumab, • 4,60 [3,36-5,61] sous anti-IL-12/23 ou IL-23, • 6,23 [2,07-11,41] sous modulateurs S1PR, • 4,55 [3,25-5,96] sous inhibiteurs de JAK. Comparativement aux anti-TNF, le risque d’infections graves était significativement plus faible sous inhibiteurs de JAK (HR 0,66 ; IC95 % 0,51–0,87) et anti-IL-12/23 ou IL-23 (HR 0,66 ; IC95 % 0,51–0,87).

Conclusion

Dans cette large cohorte, les inhibiteurs de JAK et les anti-IL-12/23 ou IL-23 sont associés à un risque infectieux nécessitant hospitalisation plus faible que les anti-TNF chez les patients atteints de RCH. Ces données nécessitent confirmation par des données de « vraie vie » mais confortent un profil de tolérance globalement favorable de ces traitements.

Hadrien ALRIC, Toulouse