Un an d’efficacité et de sécurité avec le guselkumab sous-cutané, les résultats d’ASTRO se confirment à S48
Position du problème
Le guselkumab (GUS), est un anticorps monoclonal dirigé contre la sous-unité p19 de l’interleukine‑23, avec une double action (blocage IL-23 et CD64) et a démontré son efficacité dans la rectocolite hémorragique (RCH) et Maladie de Crohn lors de schémas d’induction intraveineux (IV) ou sous‑cutanés (SC). Cette étude présente les résultats d’efficacité et de tolérance d’une induction SC suivie d’un traitement d’entretien SC à S48 dans le cadre de l’essai de phase 3 ASTRO.
Méthode
Il s’agit des résultats de ASTRO à S48 (randomisé, en double aveugle, contrôlé vs placebo (PBO), chez patients avec RCH modérée à sévère). Pour rappel la randomisation (1:1:1) était stratifiée selon le statut de résistance aux BIO/JAKi/S1Pi et l’atteinte endoscopique en trois groupes : induction par GUS 400 mg SC toutes les 4 semaines pendant 3 cycles puis maintien par GUS 200 mg SC toutes les 4 semaines (N = 140), ou maintien par GUS 100 mg SC toutes les 8 semaines (N = 139) ou placebo (PBO) SC (N = 139). Les patients PBO pouvaient avoir un switch a du GUS à S16.
Résultat
À S48, les taux de rémission clinique étaient significativement plus élevés avec GUS qu’avec PBO : 36,7 % pour GUS 100 mg /8s, 42,9 % pour GUS 200 mg/4s contre 7,2 % pour le PBO. Les taux de rémission endoscopique étaient de 25,9 % pour GUS 100 mg/8s, 26,4 % pour GUS 200 mg/4s, contre 5,0 % pour PBO. Les autres paramètres d’efficacité (réponse clinique, rémission symptomatique, amélioration endoscopique, amélioration histologique et rémission histologique) étaient également supérieurs dans le groupe GUS. Ces bénéfices ont également été observés dans les sous‑groupes BIO/JAKi/S1Pi‑naïfs et BIO/JAKi/S1Pi résistants. Les taux d’événements indésirables étaient comparables.
Conclusion
A un an de suivi, l’induction SC par guselkumab suivie d’un traitement d’entretien SC a démontré une efficacité soutenue et un profil de tolérance favorable chez des patients atteints de RCH modérée à sévère. Ce bénéfice a également été observé chez des patients précédemment exposés à des thérapies avancées. Reste a savoir à quels patients proposer le schéma de 200mg /4s : peut être aux maladies plus actives ou plus réfractaires ?
Ana BEYRNE, Marseille