Biothérapies maternelles pendant la grossesse ou l’allaitement : la vaccination des nourrissons est-elle sûre ?

Position du problème

Les données sur la vaccination des nourrissons après exposition maternelle aux biothérapies dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) restent limitées, en particulier pour les vaccins vivants atténués et l’exposition par l’allaitement. Cette étude évalue la sécurité vaccinale chez des enfants nés de mères ayant une MICI, en recherchant les événements indésirables graves (EIG) liés à la vaccination après une exposition prénatale et/ou par l’allaitement.

Méthode

Étude de cohorte prospective observationnelle multicentrique, au sein du registre espagnol DUMBO du GETECCU. Les nourrissons nés de mères ayant une MICI étaient suivis prospectivement : l’exposition maternelle aux traitements pendant la grossesse et l’allaitement, les vaccinations et les EIG potentiellement liés à la vaccination étaient recueillis lors de visites protocolisées et confirmés par relecture des dossiers. Le critère principal était l’apparition d’EIG possiblement attribuable à la vaccination, rapporté par l’investigateur. L’analyse était principalement descriptive.

Résultat

Au total, 1 009 enfants ont été inclus. Pendant la grossesse, 437 ont été exposés à une biothérapie (30% anti-TNF, 9,6% ustekinumab, 3% vedolizumab, 0,2% Risankizumab…) et 282 (20% anti-TNF, 5,3% ustekinumab, 2,6% vedolizumab, 0,4% Risankizumab…) pendant l’allaitement. La couverture vaccinale du ROR et de la varicelle atteignait 99 % et 97 % dans les deux groupes d’exposition (pendant la grossesse et pendant l’allaitement). Le vaccin contre le rotavirus était moins administré (première dose : 49 % et 47 %). Seuls 3 enfants sur 1 009 (0,3 %) ont présenté un EIG possiblement lié à la vaccination : tous ont été hospitalisés, sans séquelle à long terme. Un seul EIG est survenu après un vaccin vivant (rotavirus), chez un nourrisson non exposé à une biothérapie (5-ASA). 2 EIG sont survenu après des vaccins non vivants chez deux patientes traitées par ustekinumab (fièvre avec traitement par C3G pour un).

Conclusion

Dans cette large cohorte prospective d’enfants nés de mères suivies pour des MICI, la vaccination, y compris par vaccins vivants atténués, présente un profil de sécurité favorable après exposition maternelle aux biothérapies pendant la grossesse ou l’allaitement. Ces données en vie réelle soutiennent la vaccination systématique des nourrissons. A noter que le vaccin contre la tuberculose ne fait pas parti du calendrier vaccinal Espagnol, et n’a donc pas été étudié.
Il faut rappeler qu’en France la recommandation est de ne pas faire de vaccin atténué notamment le rotavirus avant 6 mois.

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