Position du problème
Le profil pharmacocinétique de l’infliximab sous-cutané (IFX SC) pourrait réduire l’intérêt d’une association à un immunosuppresseur. REMONO-CD a comparé l’efficacité de la monothérapie et de la combothérapie dans la maladie de Crohn.
Méthode
Cette étude rétrospective multicentrique française, menée dans 15 centres, a inclus 217 patients atteints de maladie de Crohn active, en excluant les formes à atteinte périnéale isolée. Après induction IV, 69 patients ont reçu l’infliximab SC en monothérapie et 148 en association à un immunosuppresseur. Les groupes ont été comparés après ajustement par score de propension.
Résultat
Les auteurs rapportent une non-infériorité de la monothérapie, avec 74,0 % du temps passé en rémission sans corticoïdes contre 63,3 % sous combothérapie.
Après ajustement, les taux de rémission étaient comparables à S12 et S24, ainsi qu’à S52 : 68,8 % contre 67,7 % ; p = 0,87.
Avec un suivi médian de 19,4 mois, aucune augmentation significative du recours à l’optimisation de l’IFX, de la progression des lésions intestinales ou des hospitalisations n’était observée sous monothérapie. La tolérance ne différait pas significativement entre les groupes.
Conclusion
Ces résultats soutiennent la possibilité d’utiliser l’IFX SC en monothérapie dans la maladie de Crohn. Leur caractère rétrospectif impose toutefois une interprétation prudente. L’intérêt de la combothérapie dans les fistules anopérinéales reste à préciser, en l’absence de résultats spécifiques de cicatrisation fistuleuse.
