Position du problème
L’œsophagite à éosinophiles (OeE) est une maladie inflammatoire chronique nécessitant un traitement au long cours pour induire, maintenir la rémission et ainsi éviter les complications (sténose, impactions alimentaires). Si le budésonide orodispersible (BOT) a démontré son efficacité dans cette indication, peut-on envisager un traitement intermittent afin de limiter l’exposition aux corticoïdes ? L’étude de phase III EOS-3 a comparé, sur 48 semaines, un traitement continu au budésonide, un traitement intermittent et un placebo.
Méthode
Cette étude randomisée a inclus 112 adultes en rémission clinique et histologique (0 éosinophiles / mm² hpf) à l’inclusion, répartis entre budésonide continu (0,5 mg deux fois par jour, n = 45), budésonide intermittent (cycles de 4 semaines de traitement suivies de 8 semaines de placebo, n = 45) et placebo (n = 22). Le critère principal était l’absence de rechute à 48 semaines, définie par des critères cliniques (EEsAI > 20), symptomatiques (dysphagie ou odynophagie), et histologiques (>48 éosinophiles / mm² hpf), ou par la survenue d’une impaction alimentaire ou la nécessité d’une dilatation.
Résultat
À 48 semaines, le budésonide continu maintenait l’absence de rechute chez 62,2% des patients, contre 11,1% sous traitement intermittent et 9,1% sous placebo (p < 0,0001 vs placebo; non significatif entre traitement intermittent et placebo, p = 0,4).
La rémission clinico-histologique était maintenue chez 73,3% des patients sous traitement continu (p < 0,0001 vs placebo), contre 17,8 % sous traitement intermittent et 9,1 % sous placebo. La rémission histologique seule (< 16 éosinophiles/mm² hpf) concernait respectivement 88,9%, 24,4% et 13,6% des patients. Le traitement intermittent ne différait pas du placebo pour ces deux critères. Enfin, les taux de rechute étaient de 2,2% sous traitement continu, contre 66,7% sous traitement intermittent.
Sur le plan de la tolérance, les candidoses orales ou oropharyngées étaient plus fréquentes sous budésonide continu (20%), mais restaient traitables.
Conclusion
Ces résultats confirment l’intérêt du budénoside en traitement d’entretien de l’OeE. L’administration intermittente ne fait pas mieux que le placebo pour prévenir les rechutes, tandis que le traitement continu permet de maintenir la rémission. La réduction de l’exposition aux corticoïdes par des cycles intermittents ne semble donc pas constituer une stratégie efficace de prévention des rechutes.
Dans un objectif d’amélioration de l’observance et de la compliance, une étude est en cours pour évaluer la possibilité de passer à une prise quotidienne de budésonide au lieu de deux.
