PEGASUS-1 : Après dissection œsophagienne : le budésonide fait reculer les sténoses !

Position du problème

La dissection sous-muqueuse œsophagienne expose à un risque élevé de sténose, atteignant 70 à 90 % lorsque la résection dépasse 75 % de la circonférence. Malgré les recommandations en faveur des corticoïdes, les essais randomisés de puissance suffisante restent rares. Cette étude évaluait l’efficacité de 8 semaines de budésonide orodispersible, comparativement au placebo, pour prévenir les sténoses après dissection.

Méthode

Cet essai européen multicentrique, randomisé en double aveugle, a inclus des patients ayant une DSM œsophagienne intéressant ≥ 50 % de la circonférence pour un carcinome épidermoïde, ou ≥ 75 % pour une DHG sur EBO ou un adénocarcinome précoce. Trois groupes recevaient du budésonide orodispersible à 2 mg, à 1 mg ou un placebo, deux fois par jour pendant 8 semaines. Le critère principal était l’absence de sténose à 8 semaines ; les critères secondaires étaient le nombre de dilatations et la dysphagie. L’analyse d’efficacité excluait les patients ayant nécessité un traitement anticancéreux.

Résultat

L’analyse d’efficacité portait sur 102 patients : 51 sous budésonide à 2 mg, 18 à 1 mg et 33 sous placebo. L’absence de sténose à 8 semaines était obtenue chez 66,7 % des patients sous 2 mg contre 42,4 % sous placebo (p = 0,0098). Ces proportions étaient respectivement de 77,3 % contre 53,8 % pour les carcinomes épidermoïdes et de 58,6 % contre 35,0 % pour les dysplasies de haut grade sur endobrachyœsophage ou les adénocarcinomes précoces.
Chez les patients nécessitant une dilatation, le nombre moyen de séances était de 2,8 contre 4,3. Un score de dysphagie d’Ogilvie ≤ 1 était observé chez 82,4 % contre 66,7 % des patients. Les candidoses buccales, oropharyngées ou œsophagiennes étaient plus fréquentes sous budésonide à 2 mg (29,1 % contre 2,5 %), avec résolution dans tous les cas.

Conclusion

Le budésonide orodispersible à forte dose réduit significativement le risque de sténose après dissection sous-muqueuse œsophagienne et le nombre moyen de dilatations, avec une tolérance globalement favorable malgré un risque accru de candidose. Une comparaison directe avec la corticothérapie systémique orale, actuellement recommandée, permettrait de préciser sa place dans cette indication.

FMC HGE : Organisme certifié Qualiopi pour la catégorie ACTIONS DE FORMATION.