Position du problème
La mise en œuvre des stratégies « Resect-and-Discard » et « Diagnose-and-Leave » repose sur une caractérisation optique fiable des polypes colorectaux et une prise en charge adaptée. Colo-ID, application mobile soutenue par trois sociétés françaises de gastroentérologie, propose un entraînement à ces deux compétences à partir de cas illustrés. Cette étude évaluait son impact sur le diagnostic optique et les décisions de prise en charge en pratique courante.
Méthode
COLO-PREDICT est une étude prospective monocentrique menée auprès de 12 endoscopistes expérimentés répartis en deux équipes, formées successivement à Colo-ID. L’équipe non encore formée servait temporairement de groupe contrôle. Pour chaque polype, les endoscopistes prédisaient l’histologie et proposaient une prise en charge avant de connaître le résultat anatomopathologique, utilisé comme référence. Les performances étaient comparées avant et après formation.
Résultat
Au total, 1 107 polypes issus de 567 patients ont été analysés, dont 543 avant et 564 après la formation. La proportion de prédictions histologiques correctes est passée de 61,0 % à 71,8 %, et celle des décisions de prise en charge adaptées de 51,7 % à 81,6 % (p < 0,001 pour les deux). Les deux critères étaient simultanément corrects pour 63,9 % des polypes après formation, contre 35,4 % auparavant (p < 0,001). Ces améliorations persistaient après ajustement sur l’équipe et étaient observées dans les deux équipes. Lors du déploiement séquentiel, l’équipe formée proposait plus souvent une prise en charge adaptée que l’équipe non encore formée (74,3 % vs 59,3 % ; p = 0,028).
Conclusion
La formation avec Colo-ID était associée à une amélioration significative de la caractérisation optique des polypes et de leur prise en charge chez des endoscopistes expérimentés. Elle pourrait faciliter les stratégies « Resect-and-Discard » et « Diagnose-and-Leave », et s’intégrer aux programmes de formation dans une démarche d’éco-endoscopie. Même à l’ère de l’intelligence artificielle, l’expertise humaine reste essentielle à une pratique sûre.
