Position du problème
La pochite chronique complique jusqu’à 20% des anastomoses iléo-anales réalisées pour rectocolite hémorragique (RCH). À ce jour, le Védolizumab est le seul traitement ayant démontré son efficacité dans cette indication dans un essai randomisé contrôlé en double aveugle. Cette étude australienne a évalué le Tofacitinib dans un essai d’induction en ouvert suivi d’une maintenance randomisée.
Méthode
Les patients inclus devaient avoir une forme récidivante ou réfractaire de pochite, ayant nécessité plus de 4 semaines d’antibiotiques au cours des 12 derniers mois. Le score d’index d’activité modifié (mPDAI) devait être supérieur ou égal à 5.
Les patients inclus ont reçu 10 mg de Tofacitinib deux fois par jour pendant 8 semaines. Les répondeurs ont ensuite été randomisés entre placebo et Tofacitinib 5 mg deux fois par jour, tandis que les non-répondeurs poursuivaient 10 mg deux fois par jour pendant 8 semaines supplémentaires.
Résultat
Parmi les 53 patients inclus, 47,2% étaient antibio-dépendants et 37,7% antibio-réfrafractaires. Environ 20% avaient déjà reçu du Védolizumab.
En induction, une réponse clinique était obtenue chez 59% des patients à 8 semaines, puis chez 50% des non-répondeurs initiaux réévalués à 16 semaines, portant le taux global de réponse à 74%. À 8 semaines, la réponse endoscopique atteignait 42% et la rémission clinique (selon l’indice mPDAI) 27 %. Ces résultats étaient identiques entre les patients déjà exposés au Védolizumab et les naifs.
En maintenance, parmi les 38 patients randomisés, le maintien de la réponse clinique était supérieur sous Tofacitinib 5 mg deux fois par jour au placebo (50 % vs 10 % ; p = 0,01). La survie sans poussée était également significativement meilleure sous traitement actif (p = 0,003). Il n’y avait pas plus d’évènement indésirable grave sous traitement.
Conclusion
Grâce à cette première étude contrôlée randomisée contre placebo, le Tofacitinib apparaît comme une option dans la pochite chronique, avec une réponse clinique chez près de trois quarts des patients après induction, y compris grâce à une prolongation du traitement chez certains non-répondeurs initiaux. Son efficacité en maintenance est supérieure au placebo.
