Position du problème
Le « treat-to-target » (T2T) est devenu un principe central de la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), cependant, les données soutenant chaque cible thérapeutique ont beaucoup évolué depuis STRIDE-II paru en 2021. L’objectif était de mettre à jour les cibles thérapeutiques de la maladie de Crohn (MC) et de la rectocolite hémorragique (RCH), de distinguer celles qui justifient un changement de traitement ou de l’optimisation ou de la surveillance, et de définir les délais attendu pour chaque cibles.
Méthode
Revue systématique (MEDLINE, Embase, Cochrane CENTRAL) des études publiées après STRIDE-II jusqu’au 18 avril 2025, associée à des enquêtes structurées auprès des membres de l’IOIBD et des pédiatres du groupe Porto de l’ESPGHAN. Les recommandations, élaborées par le comité de pilotage, ont été votées par les membres de l’IOIBD selon un processus Delphi modifié.
Résultat
1 021 études ont été incluses STRIDE-III distingue trois catégories de cibles. Les cibles actionnables (réponse et rémission cliniques, CRP, calprotectine fécale (CF), rémission endoscopique) doivent en général faire changer le traitement si elles ne sont pas atteintes malgré une optimisation. Les cibles complémentaires (urgence défécatoire, croissance chez l’enfant, rémission histologique dans la RCH, rémission transmurale dans la MC) guident l’optimisation et la surveillance. Les cibles centrées sur le patient (qualité de vie, handicap, fatigue) relèvent d’une décision partagée.
Une réponse clinique est attendue en < 1-2 mois, la rémission clinique en 2-3 mois, la rémission biochimique en 3-6 mois, rémission endoscopique 7-12 mois. Une CF < 200 µg/g est associé à un contrôle inflammatoire et < 100 µg/g pour un contrôle inflammatoire profond.
Conclusion
STRIDE-III redéfinit la stratégie T2T dans les MICI en distinguant les cibles qui justifient une optimisation ou un changement de classe thérapeutique ou la surveillance, et en intégrant les cibles centrées sur le patient. STRIDE III permet de créer un cadre pratique pour les décisions thérapeutiques en s’appuyant des cibles objectives en respectant la temporalité de la réponse au traitement permettant de limiter à la fois le sous-traitement d’une inflammation persistante et le surtraitement inutile.
