Objectifs pédagogiques
- Connaître les indications actuelles et à venir
- Connaître les modalités techniques et leurs limites
- Connaître les complications et leurs prises en charge
Consultant pour Boston Scientific.
Écho-endoscopie ; Vésicule biliaire ; Drainage biliaire.
Cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE).
Le drainage biliaire sous écho-endoscopie par voie transduodénale a des modalités diverses avec un degré d’expertise et de complexité différent dont les plus fréquentes sont l’anastomose cholédocoduodénale et le drainage de la vésicule biliaire et les moins fréquentes le rendez-vous par voie trans-cholédocienne et encore plus rarement l’hépatico-duodénostomie. Bien que certaines techniques puissent partager des indications communes, des algorithmes thérapeutiques de plus en plus précis permettent aujourd’hui de déterminer la meilleure alternative pour chaque patient (1). Dans tous les cas, il convient d’évaluer l’indication, la présence d’une sténose duodénale (symptomatique ou non), les caractéristiques anatomiques (par exemple, la dilatation de la voie biliaire) ainsi que la nature bénigne ou maligne et la localisation de l’obstacle. D’autres facteurs, tels que le degré d’urgence et l’expertise locale, doivent également être pris en compte.
Dans le contexte d’une obstruction biliaire distale d’origine tumorale, l’anastomose cholédocoduodénale a été proposée comme technique de choix en cas d’échec de la cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) ou de papille inaccessible. Cette intervention peut être réalisée à l’aide d’une prothèse d’apposition luminale de petit diamètre et a montré un taux de succès technique et clinique de 93,5 % et 88 % (2) avec moins d’effets indésirables que le drainage percutané (3). Plusieurs études multicentriques randomisées ont également évalué le rôle de cette technique en première intention, rapportant des taux de succès clinique et de complications comparables à ceux de la CPRE (4, 5). L’échec technique (7 %) ou un mauvais positionnement de la prothèse peuvent toutefois entraîner des complications (20,1 %) (2), parfois graves dans la moitié des cas (6), telles que l’angiocholite (4 %), l’hémorragie (4 %), la fuite biliaire (4 %) et la perforation (3 %) (7). Les facteurs de risque de complications sont désormais mieux connus, notamment un diamètre de la voie biliaire inférieur à 15 mm. Le traitement endoscopique de sauvetage s’avère efficace dans la majorité des cas (6, 8, 9). À moyen et long terme, l’angiocholite de reflux représente une complication et un défi thérapeutique susceptible d’altérer le parcours oncologique de ces patients. Le traitement d’une sténose duodénale concomitante, lorsqu’elle est présente, ainsi que l’utilisation de prothèses coaxiales (10) ont été décrites comme des options de prévention et traitement de cet effet indésirable.
Le drainage de la vésicule biliaire guidé par écho-endoscopie à l’aide d’une prothèse métallique d’apposition luminale est devenu l’alternative de choix chez les patients présentant une cholécystite aiguë à haut risque chirurgical (1). Plusieurs études et méta-analyses ont montré que cette technique est associée à de meilleurs résultats que la voie percutanée (11) et doit être privilégiée en raison d’un taux plus faible de complications et de réinterventions (12). En effet, les taux de succès technique, clinique et de complications sont respectivement de 98 %, 95,4 % et 14,8 %, la dysfonction ou la mauvaise position de la prothèse constituant l’effet indésirable le plus fréquent (3,5 %) (13). Cette approche peut également être envisagée comme procédure de sauvetage chez les patients atteints d’une obstruction biliaire maligne distale lorsque le canal cystique est perméable, en cas d’échec de la CPRE ou du drainage biliaire guidé sous écho-endoscopie (14, 15). Enfin, des études récentes ont suggéré que le drainage de la vésicule biliaire et la cholédocoduodénostomie pourraient offrir des résultats comparables (16, 17).
En conclusion, le drainage biliaire trans duodénal sous écho-endoscopie représente une alternative efficace avec un taux de complications acceptable. Des données supplémentaires à long terme concernant le taux de ré-obstruction biliaire et le besoin de réinterventions sont attendues dans les années à venir.
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